Cette théorie qui a été conceptualisée par Gilles Clavreul, s’illustre dans le jeu politique ( bien qu’elle ne s’y réduise pas) : rappeler que lorsqu’on est antifasciste on a un devoir moral supplémentaire à ne pas tomber dans le piège d’une violence mimétique, ce serait faire le jeu du RN. Rappeler le danger et la violence des groupes d’extrême droite, ce serait faire le jeu de LFI. Ces deux camps identitaires s’alimentent l’un l’autre par réaction. Ce mécanisme est étouffant ! Il ne doit pas arriver à nous contraindre à un choix binaire entre l’un ou l’autre. Mélenchon il y a onze ans l'avait théorisé: "à la fin ça se terminera entre elle [Le Pen] et nous". Tout a été fait pour réaliser cette fin.
Dans le champ politique, cette tenaille ne se limite pas aux extrêmes -il y a des faiblesses identitaires ailleurs-, mais c’est bien là qu’elle est la plus manifeste. Il ne s’agit pas de renvoyer dos à dos extrême gauche et extrême droite comme si elles étaient toujours symétriques, mais d’affirmer qu’elles font système. Cependant, si l’extrême-droite est identitaire par nature , à l’extrême gauche, a priori, tout devrait s’y refuser : la volonté de bousculer les ordres établis, le primat du général sur le particulier, de l’avenir sur la tradition, etc. Et pourtant, elle le devient. Les identités sont flattées par posture antisystème, et surtout par calcul électoral. Une part croissante de ceux qui la suivent ont désormais la foi : pour ces foules passionnées, désormais, il y a les bons peuples et les mauvais. Il y a les patronymes glorieux et les patronymes dégoûtants. Et bien sûr, il y a un réseau de puissants qui, dans l’ombre, protège les dégoûtants et opprime les justes. Finalement les identitaires par calcul servent la victoire sur un plateau aux identitaires par nature.
Cette gauche radicale réduit l’antifascisme à un dogme violent. Être « antifa » avec tout le package que cela suppose, est plus qu'une idéologie, cela devient une identité qui ne peut plus être questionnée. Elle est un des aspects de l’identitarisme de cette gauche-là. En face l’extrême droite tente de faire croire qu’elle est républicaine, mais elle œuvre toujours dans une logique civilisationnelle en opposition à l’universalisme qui irrigue nos principes. Elle reste pleinement identitaire.
L’extrême droite instrumentalise le péril pourtant bien réel de l’islamisme, pour qu’on devienne aveugle à la menace qu’elle-même représente. La théorie de la tenaille identitaire met ce mécanisme au grand jour. C’est pourquoi l’extrême droite la conteste.
La gauche radicale s’est fabriqué un totem d’impunité «antifa », jouant sur l’intimidation en qualifiant de « fachos » tous ceux qui la critiquent et tout particulièrement les forces de gauche qui refusent sa tutelle. Le Printemps Républicain, pour avoir défendu la théorie de la tenaille identitaire, et d’autres, ont ainsi été ciblés par LFI et ont fait l’objet de campagnes diffamatoires des plus violentes.
Dans ce moment où le monopole de la vertu que s’arrogeait LFI vole en éclats par son refus d’assumer ses responsabilités, sa fuite en avant dans la brutalisation de la vie politique et ses outrances aux relents antisémites, il serait peut-être temps de réévaluer les étiquettes que cette gauche radicale a distribué à la volée.
Le clivage dont la tension ne cesse de progresser, décrit par la théorie de la tenaille identitaire en arrive au stade de l’évidence. Il serait bon que ceux qui l’ont trop rapidement mise de côté au vu de ce qui s’en disait, dépassent leur orgueil et réévaluent leur jugement.
Karan Mersch, professeur de philosophie
L’héritage des enseignants, notre force commune
16 Octobre 2026
Madame, Monsieur,
Voilà respectivement 5 et 2 ans que Samuel Paty et Dominique Bernard sont tombés, victimes tous deux de l'obscurantisme islamiste.
5 et 2 ans que leurs familles, leurs proches, leurs élèves, doivent vivre avec un chagrin qui ne s'éteint jamais.
5 et 2 ans que leurs familles, leurs proches, leurs élèves ne voient plus chaque jour des hommes soucieux de transmettre leurs savoirs, de les faire rire, de les faire devenir des citoyens et des citoyennes responsables.
C'est d'abord à eux que je pense, en m'associant à leur douleur et en leur rappelant à quel point j'admire leur force.
Jean Cocteau l'a écrit : "Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants."
Vous avez fait vôtre cette maxime, et c'est aujourd'hui ce qui m'anime, ce qui nous anime tous : tant que nos coeurs battent encore, le combat se poursuit.
Car oui, malheureusement, le combat contre l'obscurantisme islamiste n'a pas disparu, et partout, la bête immonde renaît. Un hydre de Lerne moderne à l'haleine fétide, un poison quotidien.
Qu'on ne se trompe pas :
- La laïcité et la liberté d’expression sont fragilisées — et c’est dans nos écoles et nos universités que les premières digues cèdent.
- Les professeurs sont insultés, menacés, parfois agressés.
- Les intimidations se multiplient, il devient compliqué de parler d’histoire, de la Shoah
- Nous avons assisté impuissants à l’explosion de la haine contre les juifs, à la banalisation de la violence, à la glorification du terrorisme jusque dans nos universités.
Trop souvent, l'ignorance et la bêtise s'installent dans le temple du savoir.
Dans ces temps obscurs, honorer la mémoire de Samuel Paty et de Dominique Bernard, c’est donc honorer tous les enseignants.
Toutes celles et tous ceux qui, chaque jour, tiennent bon, malgré la pression, malgré les menaces.
Toutes celles et tous ceux qui, inlassablement, sans jamais chercher la reconnaissance, en dépit des injonctions contradictoires et de conditions détériorées, s'évertuent de transmettre notre mémoire collective, de créer un héritage commun de savoir et de raison.
En somme, toutes celles et tous ceux qui résistent.
Ils résistent parce qu'ils savent :
- ils savent que de la haine ne naît que le chaos, et que leur devoir est d'apaiser la jeunesse pour apaiser la société.
- ils savent que la colère réduit la réflexion, que la peur inhibe et qu'il faut accepter l'inconnu, le doute, pour transformer l'ignorance en connaissance
- ils savent que l'oubli est une faute, que le "plus jamais ça" doit chaque jour être au centre de nos actes.
Leur rendre hommage, c'est leur témoigner toute ma reconnaissance, c'est tout
simplement leur dire merci.
Merci de continuer à faire vivre ce que des générations d'enseignants ont transmis avec coeur et passion depuis des dizaines d'années
Merci à celles et ceux qui ont été là, notamment après le 7 octobre, malgré les injures et les menaces quand tant d'autres, lorsqu'ils n'étaient pas couards, lâches, ont été complaisants, relativistes voire ont soutenu des terroristes.
Vous étiez alors un phare, une lumière dans une nuit toujours en cours, même si la libération des derniers otages vivants détenus par le Hamas cette semaine laisse présager, du moins je l'espère, une aube prochaine.
Même sans encore apercevoir les premiers rayons du soleil, rendre hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard, c'est surtout affirmer:
- que la liberté d’expression ne se négocie pas
- que la laïcité n’est pas une privation, mais une liberté.
- que l’antisémitisme doit être combattu partout tout le temps.
QUE LA LOI PASSE AVANT LA FOI.
Et dans ce combat, l'école laïque, gratuite et obligatoire reste le dernier rempart contre la haine et le mensonge.
Merci à S. Paty et D. Bernard,
Merci à tous ceux qui s'engagent.
Nous ne vous oublierons pas.
Et nous ne céderons rien.
Maxime Loth, référent Université du Printemps Républicain
Maxime Loth, référent Universités du Printemps Républicain lors de l’hommage rendu à Samuel Paty et Dominique Bernard ce 16 Octobre 2025.
Congrés 2025 du parti socialiste : communiqué du PRINTEMPS REPUBLICAIN
Si ces derniers jours, le Secrétaire national réélu a multiplié des déclarations de rupture avec La France Insoumise, ce revirement de dernière minute ne peut nous faire oublier ses nombreuses faiblesses passées envers ce parti.
Or un manque de fermeté envers La France Insoumise permettrait que cette dernière réalise son projet de duel entre elle et le Rassemblement National aux élections présidentielles de 2027.
Ce serait un scénario désastreux, qui donnerait les clés de l'Élysée à l'extrême droite, certainement.
Après les mots, il faudra juger sur des actes pour contredire ce qui apparaît comme la manifestation d’une ambition très personnelle.
Et au-delà, toujours les mêmes questions : quelle vision politique, quelles idées nouvelles pour répondre aux défis économiques, sociaux, environnementaux, technologiques ?
Quelles réponses aux plus en difficultés, notamment la classe populaire, et pas seulement elle, qui se voit ignorée et méprisée au point de basculer vers l’extrême droite ?
Quelles propositions pour solidifier notre commun républicain à l’heure où d’autres partis politiques s’acharnent à le briser ?
Le pouvoir d’achat, la protection des biens et la sécurité des personnes, la lutte contre l’antisémitisme, le racisme et toutes les discriminations, le thème du travail, la régulation de l’immigration avec intégration réussie, toutes ces questions (liste non exhaustive) sont des sujets majeurs pour les Français.
À la veille de campagnes électorales qui s’annoncent dans le bruit et la fureur, à l’heure d’un débat politique aussi faible et consternant, et dans un contexte international préoccupant, le Printemps Républicain persiste à les rappeler, et pas au seul Parti Socialiste.
Parce que mettre la poussière sous le tapis, c’est l’assurance du pire.
Il est plus qu’urgent de s’activer -sérieusement- : haut les cœurs et en avant.
L'équipe nationale du Printemps Républicain